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Textes

La nuit je n’ai pas eu le temps de le dire.

La nuit ce sont les cœurs aux nerfs dorés.

Le matin tu sors de ton quartier –

Le soleil est en haut

Et les arbres dans la buée.


Les âmes des enfants sondent

Ses fondements humides, infinis.

Si tu ne veux pas penser à moi dans ce monde,

Pense à ces arbres au brouillard dans la nuit.


Pense à eux quand tu es dans le beau,

Pense lorsque tu te noies dans les larmes,

Les arbres dans le brouillard ressemblent à une radio –

Ils partagent les malheurs,

Ils proposent des armes.


Si tu ne veux pas te souvenir de moi,

Si tu n’as pas la force ni la tranquillité,

Pense à la forêt qui se dresse comme un espoir,

Solide, fiable, haute, en majesté.


Pense aux racines en acier,

Pense aux entailles et aux cimes,

Que cette terre noire et gelée,

Réchauffe ta nuit

Noire de l’abîme.


Pense à l’herbe humide dans les dunes,

Dis-toi que tout est en ordre.

Je sais bien à quoi tu penses,

Lorsque tu penses aux arbres.


Je sais, je garde tout ce bazar,

Dans le brouillard de la nuit,

Il n’y a pas de hasard,

Il n’y a rien,

C’est fini.

© Serhiy Jadan | Traduit par Iryna Dmytrychyn

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