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Textes

Prononce mon nom comme une maladie incurable,

La frontière orientale de l’Europe.

Le vent d’Ouest. La lave de la neige de nuit.

« Gloire » salue quelqu’un.

« Gloire » en réponse tu dis.


Prononce mon nom, comme un mot étranger

Qui désigne le malheur.

La neige tombe avec abnégation et rigueur.

La rivière hivernale silencieuse s’écoule vers l’inconnu

Tant que tu ne diras rien, ce sera comme s’il n’y avait rien eu.


Les cachets antidouleur du soleil de l’hiver.

Le monde est composé de lettres d’abécédaire.

Tant que tu ne diras rien, ce sera comme s’il n’y avait rien eu.

Dis « lumière » pour que le monde ne reste pas dans le flou.


Le travail du soleil en décembre est de courte durée.

Je suis fait de ta voix, quand tu m’appelais,

De la prononciation chaleureuse et lourde,

Comme le solstice d’hiver des journées courtes.


Le temps composé des ordres et des procédures.

Prononce mon nom, comme un numéro de secours.

Une once de vent dans la voix, confiante, légère.

« Qui devons-nous craindre ? » demande-t-on.

Et tu réponds « Personne ».


La frontière orientale, celle où passe la crève.

Une construction de l’hiver brève.

La fumée monte des cheminées ferroviaires.

La neige reste sur la rivière, non prononcée, légère.

© Serhiy Jadan | Traduit par Iryna Dmytrychyn

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